"La gravure me replonge dans cet état où je ne peux plus infléchir le processus, chaque action est irréversible.
Je peux anticiper mon dessin mais si je me trompe dans l'exécution, je dois m’adapter. Comme lors d'un voyage. Ce sont les accidents qui donnent toute leur profondeur aux dessins, alors je joue avec eux, je les provoque avec le sucre qui est traître.
Je peux sentir ce que je représente. Je suis à nouveau connectée, pleinement présente dans ce lieu. Les mouvements de mon pinceau et les hasards du sucre traduisent les vibrations et les sensations de chaque élément."
2023
Amérique du Sud : j’ai plongé dans un rêve.
Au fil de la route, j’ai perdu mes repères. Je n’étais plus que dans le présent, dans l’ici, le maintenant, connectée à la nature, à mes sensations sous mes pas, les frontières ont disparu, les hommes continuaient de se parler, de se battre pour survivre. Et puis oubliaient de se battre pour s’entraider.
2024
"J’étais partie, et revenue.
L'éloignement géographique avait produit une distance. J'avais joué la carte de la fuite, il me fallait désormais revenir dans ma culture, sur mon territoire. L’hospitalité dont j’avais bénéficié là-bas, il fallait que j’en crée une réciprocité.
Les frontières n’étaient plus topographiques, elles étaient partout. Je me sentais apatride dans mon pays.
Dans tous ces lieux où j’avais grandi, il y avait des lignes, parfois inhospitalières.
Il fallait que je revienne à l’enfance."